vendredi 26 février 2010

les herbicides de la félicité


La Salon de l'Agriculture de Paris va ouvrir ses portes. Le traditionnel ballet des visites "politiques" va se dérouler sous les objectifs de généreuses caméras et ce "marronnier" des journalistes va ravir la "Une" de l'information aux malheurs du monde. Classique à tendance vaporeuse. L'on va certainement gloser sur une absence : celle de Badinguet-le respectueux. Et, comme je le fais ici, remettre sur le tapis la célèbre petite phrase présidentielle : "Casse-toi connard !...", d'une inauguration naguère ratée.

Le courage a ses limites, n'est-ce pas ? Comme l'inconscience d'ailleurs.

Mais foin de l'événement. Marchons dans la glaise. Voici peu, je discutais avec un professionnel de la nature, un forestier pour être plus précis, et je lui vantais la qualité "naturelle" de la montagne sur laquelle nous avions "la chance" de vivre. Avec un sourire de commisération, cet homme bien au fait de l'état des choses m'a rétorqué que, là comme ailleurs, des agressions contre la nature se poursuivaient sans répit et en dépit de tout discours officiel, protecteur et mensonger, perpétrées par ceux-là même qui devraient en être les plus fervents protecteurs : les résidents secondaires et les exploitants agricoles.

Ces agressions dévastatrices sont, selon mon interlocuteur, provoquées par la pratique de deux usages redoutables : l'habitude et la facilité. Les herbicides "pratiques", comme le "Round Up" (merci Monsanto, premier destructeur de la planète) largement utilisé et répandu sur les terres d'ici (et d'ailleurs) s'infiltrent dans les sols et, tôt ou tard, parviennent dans les eaux souterraines, dans les eaux des rivières et des lacs. La substance active du "Round Up", le glyphosate, poursuit ainsi son petit bonhomme de chemin jusque dans tout corps animal, jusque dans tout corps humain et provoque, selon la dose ingérée, "une congestion des poumons, une accélération du rythme respiratoire, un endommagement des reins et des effets sur la reproduction..." (source Wikipédia et bien d'autres révélations très crédibles sur Internet).

Faut-il attendre d'être sur un lit de souffrance pour s'insurger ? Nous sommes trop endormis et bien trop laxistes pour ne pas faire mieux. D'expérience, je sais que lorsque l'on critique de tels usages, on s'entend répondre (très agressivement et, parfois, jusqu'à une ponctuation par des coups) "que l'on n'y connaît rien, que l'on se mêle de ce qui ne nous regarde pas, que l'on ne respecte pas une profession difficile et... que, de toute façon, il n'y a plus le choix ! " Etc... En bref, qu'une saine curiosité et un souci de "bonne vie" ne sont et ne seront jamais à quelque ordre du jour que ce soit. Principalement chez les industriels agro-alimentaire et chimique et, par voie de conséquence, à la FNSEA.

Certains agriculteurs réfléchissent pourtant qui, eux, ont compris que le don de la vie devait être respecté. Que notre berceau naturel méritait plus que de perpétuelles et suicidaires agressions.
Ceux-là entretiennent désormais une relation différente avec la terre et leur environnement. Sans plus d'efforts que leurs homologues si ce ne sont ceux de plus de réflexion et de bon sens. D'un sens plus aigü de l'économie financière car, en sus de leur coût en terme de santé, les pesticides, herbicides et autres poisons coûtent cher en espèces sonnantes et trébuchantes à ceux qui les utilisent.

Encourageons l'agriculture biologique, aidons au développement des AMAP... Et disons-nous, nous qui sommes catégoriés "consommateurs" c'est-à-dire "bons à manger n'importe quoi sans devoir protester", qu'il vaudra toujours mieux sortir quelques pièces de plus de son porte-monnaie pour préserver une richesse sans mesure celle-là : NOTRE SANTE.

Et puis, avec un peu de temps, une nourriture qui fut autrefois "normale" redeviendra normale. Financièrement, les cours des matières suivront. Le principe jamais éculé de l'offre et de la demande continuera à faire loi. TOUT DEPEND DE NOTRE SEULE VOLONTE : AGISSONS POUR FAIRE BASCULER LES TENDANCES.

Agriculteurs et consommateurs sont dans un même bateau, qui doivent démentir la blague : ni l'un ni l'autre ne jettera l'un ou l'autre à l'eau, tous rameront ensemble et dans la même direction pour parvenir au port. Seulement un rêve ? Alors... I HAVE A DREAM !

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