lundi 30 novembre 2009

des bas et des hauts, cela fait débat



Vingt-cinq ans ! Vingt-cinq ans d'existence des "Restos du Coeur" et 10% d'augmentation de la fréquentation, cette année... Cent dix millions de repas prévus ! La plus grande défaite sociétale que connaisse notre Pays... Pensés par Coluche pour mettre le doigt sur une misère à évacuer, les "Restos du Coeur" sont désormais détournés de leur destination première. Par obligation. La généreuse organisation de Michel Colucci prend place au rang des avatars saisonniers et institutionnalisés.

La France d'en bas tente elle-même de palier ses souffrances par le jeu d'une entraide qu'effleure à peine du regard la France d'en Haut, préoccupée qu'elle est par la course aux gains et par l'augmentation incongrue des salaires de certains patrons tels celui d'EDF, dernier en date. On ne s'entraide pas chez les requins, on dévore d'abord les petits poissons et puis on s'entredéchire pour élargir toujours et encore son espace financier. Pour passer le temps, en quelque sorte, tant il s'agit là d'ordinaire.

On dit que l'augmentation de la fréquentation des "Restos du Coeur" est consécutive aux dégâts causés par la dernière "crise". Verrez-vous un Français d'en haut venir y tendre la main ? Non. Les dégâts sont bons pour celles et ceux qui y sont habitués, dont c'est le lot quasi quotidien. Car lutter et se couper les cheveux (ou autre chose) en quatre pour pouvoir manger, dormir, s'abriter, travailler, se vêtir, etc... c'est bien le lot des Français d'en bas. Lutter pour survivre. Et, si possible, dans la dignité, mot inconnu du Français d'en haut qui manie un autre vocabulaire : cynisme, mensonge, duplicité, arrogance, pouvoir, argent, etc...

Imaginez cette France d'en bas vivant majoritairement dans nos provinces, menant (quand elle peut subvenir à l'essentiel) son existence au sein de la diversité régionale. Réfléchissez aux termes du discours de Badinguet-le-dévoreur devant les responsables UMP, en ouverture à la campagne des élections régionales, qui nationalise le sujet. Vous assistez non seulement à un remake de la campagne des élections européennes, donc un détournement d'objet, mais vous constatez également la confirmation d'une volonté, que dis-je ! d'une organisation pour mettre à bas les "pouvoirs" régionaux. Objectif nettement lisible : recentraliser pour aboutir à la création d'un prochain parti, le MBMF. Traduisez : "Moi Badinguet Maître de la France"

En marche vers un système dictatorial ? C'est le coeur du discours à l'UMP. C'est l'un des objectifs de la réforme territoriale annoncée qui peut tomber brutalement d'en haut sur un bas trop préoccupé par sa survie pour tenter de réfléchir au sujet et, surtout, de s'en insurger.

Ah, si j'avais un marteau ! Je taperais le jour, je taperais la nuit... Je taperais sur le mur de nos indifférences pour le lézarder. Comme d'aucun a tapé sur le mur de Berlin en s'accommodant de la machine chronologique... Mais le personnage ne brandissait pas un marteau, seulement un mensonge, outil combien efficace dans la main d'un Français d'en haut.

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