Voici une photo aux tons crépusculaires, prise un soir de mi-septembre 2009 sur la rive de l'estany Llal à 2170 mètres d'altitude, dans les Pyrénées Orientales sur le site du Capcir. Je la publie ici pour une simple raison : ses tonalités crépusculaires vont comme un gant à l'état de notre société.Revenir de la montagne après y avoir vécu de splendides journées en bivouac, loin de tout (c'est-à-dire de la civilisation), buvant à l'eau des torrents et me gorgeant d'air à peu près pur sous les regards des cerfs et des biches, des aigles et des vautours, je dois vous dire que ce n'est pas de gaîté de coeur...
En quelques jours, où est donc passée cette grippe si affolante ? Ah, c'est vrai, il y a l'épidémie de suicides chez France Télécom à se mettre maintenant sous la dent... Et puis le déficit du budget de la France... Abyssal et prometteur de lendemains qui déchanteront... Oh, et puis cette vilaine attitude de Frédéric Mitterand... Choquante, n'est-ce pas ? Au point de supplanter toutes autres informations pendant quarante huit heures... J'allais oublier cette cagnotte promise aux élèvres assidus des écoles... Ah, l'argent, toujours l'argent... Allez, les enfants, n'allez plus à l'école pour tenter d'apprendre un petit quelque chose mais pour y gagner votre premier pognon !...
Perversion sociétale... Poudre aux yeux... Basses flatteries... Déchéance !
Et pendant ce temps, on guette les champignons. Viendront, viendront pas ? Mais eux, au moins, ils n'obtiendront pas le prix Nobel de la Paix attribué à Barak Obama sur la foi de sa couleur de peau et de ses promesses électorales. Spéculation sur une image d'avenir et non récompense d'actes posés. Triomphe d'un lobying...
Encore une marche descendue sur l'escalier de la probité. Tiens, au fait, il existe encore ce mot ? Comme ceux d'honnêteté, d'ampathie... Il va bientôt falloir faire le ménage dans les dictionnaires et y donner davantage d'importance à ces autres mots-là : vanité, lâcheté, laxisme, égoïsme, perversion, mensonge, abus, profiteur, déni... Excusez-moi, mais je crois en oublier...
Pas marrant Jean-Marie, aujourd'hui ? Que voulez-vous ! Un chat restera toujours un chat et je continuerai à l'appeler ainsi. En descendant de la montagne, je retrouve un monde un peu plus mal en point qu'il y a quelques semaines. Je distingue les ombres chinoises dessinées par des mains manipulatrices derrière la toile de nos incertitudes, de nos hésitations, de nos absences. La population est amorphe alors qu'on la mène de plus en plus allégrement en bateau. Pourquoi se gêner, après tout, n'est-ce pas les profiteurs et les accapareurs d'ici et d'ailleurs ?
De nouvelles donnes sont progressivement mais sûrement imposées à la société. Ce ventre mou accepte tout au nom d'une pseudo tranquillité qui, en fait, existera de moins en moins. Comme ce qui s'appelle illusoirement la liberté. De nouvelles donnes sont insinuées dans les esprits par des tricheurs qui se taillent des costumes d'honorabilité à grands coups de ciseaux dans le tissu de notre laxisme.
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