Ce matin, je viens d'écouter François Bayrou s'exprimer sur les ondes de France-Inter.
Dans un premier temps, j'ai été soulagé - le mot n'est pas trop fort - de constater qu'il était tout de même l'invité d'une station de radio sur les ondes de laquelle, lundi matin, Xavier Bertrand, "président" de l'UMP, avait claironné haut et fort contre lui, prononçé le mot de "trahison" et appelé les adhérents et sympathisants du Modem à rejoindre dare-dare l'unique parti de droite, le tout sur des accents très martiaux (suivre le documentaire de France 2, ce soir, pour entendre certains accents semblables et, puisque historique il y a, révélateurs). Cela parce que François Bayrou avait tourné son regard vers le Parti Socialiste, au cours du week-end.
Dans un pays où il est devenu politiquement et sociétalement "anormal" de ne pas être d'accord avec le Président de la République, de ne pas applaudir à ses multiples effets d'annonces et de ne pas se pâmer devant chacune de ses interventions télévisées (voir le document de la RTBF ci-dessous, révélateur d'une manipulation parmi d'autres), François Bayrou est l'un des très rares hommes politiques à tenter de réfléchir pour espérer l'avenir. L'avenir de la France. Notre avenir.
Cela devrait être très sérieusement pris en compte par l'ensemble des Français. En effet, voici un personnage public qui se comporte comme un homme. Avec ses qualités et ses défauts. Avec ses erreurs et ses hésitations. Avec ses idées et ses réflexions. Un homme qui n'apparaît pas policé, ne trafique pas ses interventions médiatiques (quand il peut retenir positivement l'attention des médias, plutôt destructeurs - sur ordres - à son égard) et tient conversation ouverte sur de vrais sujets concernant notre situation.
De sa prestation radiophonique de ce matin, j'ai surtout retenu que François Bayrou s'inscrivait dans "une logique de désintéressement" personnelle afin de favoriser et, donc, de soutenir une démarche démocratique : un dialogue public et permanent entre les forces vives de la Nation opposées au principe du "tout-en-un" présidentiel. J'ai également retenu le rappel d'une phrase antérieurement prononçée : "Si nous pensons tous la même chose, nous ne pensons plus rien !"
Si nous ne voulons ni assister ni participer - ne serait-ce que par un silence alors objectivement complice - à l'enterrement de la démocratie dans notre Pays, nous ferions bien, toutes et tous, d'être plus attentifs qu'ironiques aux propos tenus par François Bayrou. D'entreprendre un effort personnel plutôt que de succomber aux chants des sirènes élyséennes et de hurler de façon inconsciente avec des loups qui, eux, sont de vrais loups* décidés à étendre inconditionnellement leur égémonie...
* Au sens humain et péjoratif du terme, cela va de soi, car les loups, eux, sont de très respectables animaux.
mardi 8 septembre 2009
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