lundi 8 juin 2009

les lendemains chanteront-ils ou s'assombriront-ils ?



Fidèle à ma précédente déclaration, j'ai donc voté dimanche pour une liste de François Bayrou. Et, pour parler "nature", je me retrouve dans les choux à regarder un tracteur fou et sans conducteur faire des ronds en marche arrière tout en détruisant des plantations qui, pour cause, ne seront pas récoltées. Bon !

Faisant partie des 40% de Français qui se sont déplacés pour voter, je tente l'effort de discerner la voie sur laquelle les résultats du 7 juin 2009 nous engagent. Aussi, permettez-moi de vous livrer une analyse bien personnelle :

L'Europe d'abord. Les électeurs européens ont spectaculairement mis la barre à droite. Les partis conservateurs l'emportent avec aisance. Une demande d'autorité et d'ordre apparaît comme première motivation des votants. La sanction d'un tel apport sera vraisemblablement la confirmation de M. Barroso à la tête de la Commission européenne, donc la poursuite de la dérive vers une Europe des marchés. Quel enseignement en tirer ? Peut-être que, malgré la crise actuelle et ses terribles conséquences sociales, les électeurs manquent de repères tangibles et, flottant, se donnent à la "sécurité". J'écris maintenant "la" sécurité. Vous saisissez sans doute la nuance.

En France, cette autre victoire de Nicolas Sarkozy conforte évidemment ce dernier. Fin manoeuvrier, le Président de la République a su éviter l'Europe et un éventuel programme tout au long d'une mollassonne campagne électorale. Evoluant sur la réputation d'une bonne prestation lors de la présidence française de l'Europe, il lui a suffi d'éviter toute démarche pédagogique (ce qui serait à l'honneur d'un chef d'Etat...) à caractère institutionnel : expliquer l'Europe, etc... Devant une absence volontaire de donne, le côté "autorité et ordre" (je reprends volontairement l'expression) du parti UMP a fait le reste.

La spectaculaire avancée des écologistes politiques pourrait peut-être (il y a beaucoup de conditionnel dans cette analyse en raison même de l'absence de mémoire, de la versatilité et de l'immaturité politique entretenue des Français) participer à la transformation d'une scène dans les coulisses de laquelle des bottes brunes sont cirées. Pourrait... A la condition que le réalisme, le pragmatisme l'emportent chez les Daniel Cohn-Bendit et autres José Bové, aujourd'hui encore batteleurs. Retenons surtout l'effet-impact du film de Yann Arthus-Betrand programmé au soir du 5 juin. Retenons la présence d'Eva Joly sur la liste écologiste

Souci environnemental -le vivant - et rejet des tripotages financiers - le pouvoir sans limite de certains riches au détriment des peuples - sont des clefs à l'explication du bond en avant écologiste. Pour faire force, des alliances vont être nécessaires. Mais avec qui ?

Le parti socialiste paie bien chèrement ses déchirements internes et une absence de perspective. La refondation - à laquelle pense maintenant Martine Aubry - est devenue nécessaire. Tant que cette refondation - sera-t-elle réellement entreprise ? - ne sera pas réalisée, le PS sera aux abonnés absents. C'est particulièrement grave quand ce parti qui, magnifiquement secondé par Nicolas Sarkozy, a creusé lui-même sa tombe devrait fermer derrière lui la porte du cimetière en y oubliant ses "éléphants" et reprendre la route. De potentiels "sauveteurs" vont être recrutés par le chef de l'Etat, trop heureux de les détourner d'une mission providentielle et de continuer à entretenir le vide autour de lui, perché qu'il est sur le piton UMP.

Faire-valoir de François Bayrou, le Modem paie, lui, une autre note. Celle de la solitude (là encore, bien entretenue par Nicolas Sarkozy : "J'aurai ta peau...") et des faux-pas de son leader qui avait bien autre chose à faire - malgré une honnêteté morale et intellectuelle dont le moins que l'on puisse dire est que l'on s'en contre-fiche en politique - que de s'empoigner à la veille de l'élection avec l'autre malin, Daniel Cohn-Bendit. Quel gâchis ! Bien évidemment, les alliés d'hier appuient sur la tête du noyé et les lazzis fusent. Alliés de circonstance de l'UMP, les gens du Nouveau Centre devraient pourtant se méfier et ménager leurs arrières. Ils seront, peut-être, les évincés de demain... En tous les cas, ils offrent au peuple le spectacle de la lâcheté en politique.

Qui, des bords plus ou moins extrêmes de la gauche française va vouloir s'allier avec les écologistes ? Je vous en laisse la réflexion, ne les connaissant pas suffisamment. Cela s'appelle botter en touche.

L'indéniable succés des écologistes politiques appelle à d'autres lendemains. Nous, électeurs conscients, devrons sans aucun doute observer les mouvements à venir, les constitutions de blocs, les termes des futures alliances (car il y en aura nécessairement), tester les convictions des uns et des autres, etc... Bref, entreprendre un travail personnel et collectif responsable. Car il s'agit bien - et le dire une nouvelle fois n'est pas innocent - du devenir de nos familles et de notre Pays, partie d'une Europe à sauver, qu'il s'agit.

Est-elle authentique cette anecdote entendue sur une radio : "L'approche de la préfecture de Caen où se sont rencontrés les présidents Barak Obama et Nicolas Sarkozy étant interdite au public, un policier aurait affirmé que, pour en approcher, il fallait présenter sa carte UMP..." ?

1 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour Jean-Marie,

J'apprécie vos articles depuis notre rencontre en été 2006. Nous avons pas mal discuté et nous avions de sérieux points commun.

A l'époque je commençais à m'intéresser à François Bayrou pour ensuite voter pour lui aux présidentielles 2007 et finalement adhérer au MoDem le soir du 6 mai 2007 (élection du nouveau président).

Dans mon commentaire du 4 octobre 2008, [http://www.impertinence-politique.com/2008_07_01_archive.html] je vous avez posé la question suivante :
"Il n'y a pas d'article concernant François Bayrou. Est-ce un oublie ? "

J'ai eu depuis la réponse.
Comme quoi nous avions des convictions communes.

Je partage votre analyse ci-dessus. Le MoDem a été très secoué mais nos convictions sont fortes et le combat continue.
La démocratie en a pris un sacré coup depuis ce 6 mai 2007.
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Hélas, nous n'avons pas pu revenir en vacances dans cette belle région du Haut Languedoc mais je ne désespère pas (en été 2010 ? ).
Tant qu'il y a de l'espoir il y a de la vie.
Bonnes continuations pour ce que vous faites si bien.

Amitiés
Jean-Marc Vié
Vélizy